Bonjour à toutes et tous ! Cette année, je continue de vous faire découvrir des initiatives locales prometteuses et engagées : en route pour le changement ! :) Cette semaine j’ai rencontré Adeline et Ingrid d’Au Local, une nouvelle coopérative pour les habitants de Malherbe-Teisseire. « Au Local » c’est un groupement d’achat auprès d’agriculteurs du territoire, mais aussi des ateliers culinaires pour petits et grands. Bref, je ne vous en dis pas plus, place à l’interview !

Bonjour Adeline et Ingrid ! Quel est le concept d’« Au Local » ?

Bonjour ! Notre objectif est de rendre accessible à tous l’alimentation saine et locale, le tout avec deux activités complémentaires :

  • un groupement d’achat de produits locaux, avec des produits bio ou de petite agriculture raisonnée pour les habitants. Un fonctionnement très flexible, sans minimum d’achat, sans adhésion ni abonnement.
  • des animations autour de l’alimentation saine et locale pour échanger, sensibiliser et toucher de nouveaux consommateurs encore peu habitués à ce mode de consommation.

Vidéo que j’ai réalisée lors d’une distribution :

Comment fonctionnent les livraisons ?

Les habitants intéressés s’inscrivent à la liste de diffusion. Tous les 15 jours, les vendredis, nous diffusons la liste des produits à jour, et chacun a jusqu’au lundi soir pour commander. Nous transmettons ensuite ces commandes à chaque producteur.

Le vendredi matin, nous partons en tournée collecter les produits chez eux. Nous revenons à la mi-journée à un local de la maison des habitants Teisseire-Malherbe pour les dispatcher en commandes. Enfin, nous accueillons les consommateurs de 16h à 19h pour qu’ils viennent les récupérer.

schéma livraison Au Local

…Et les ateliers ?

Nous faisons un atelier adulte et un enfant tous les mois. Nous proposons par exemple un atelier cuisine avec un panier de base d’Au Local et des animations ludiques pour les enfants : goûter à l’aveugle, découverte de différentes variétés de pommes, jardinage dans les bacs du quartier… Et nous organiserons bientôt des visites de fermes à partir du Printemps.

Pour ces animations, nous avons cherché à être complémentaires des structures et actions déjà en place sur le quartier et avons pu mettre en place des partenariats, comme avec Brin d’Grelinette, Santé Diabète, le Café La Pirogue, etc.

Dégustation de pain lors de la distribution Au Local

… Super, ça anime la vie de quartier ! D’où vous est venue l’idée de fonder « Au Local » ?

C’est à l’origine le projet d’Ingrid. Après plusieurs missions en tant que responsable logistique humanitaire chez Médecins Sans Frontières, elle est rentrée en France avec la volonté de monter un projet sur un enjeu qui lui est cher : l’alimentation de qualité accessible au plus grand nombre. Cela répond à un enjeu de santé, mais aussi environnemental, en soutenant l’agriculture durable et locale.

Et toi Adeline, quel est ton parcours ?

Je suis diplômée d’un master à l’IEP de Grenoble, orienté vers les enjeux de la transition écologique. Je voulais participer à la mise en place d’un projet local, concret… comme les jardins collectifs, de nouveaux systèmes de consommation pris en charge par les citoyens…

Ingrid et Adeline, associées d'Au Local

…Et donc comment s’est faite cette belle rencontre ?

Nous nous sommes rencontrées lors d’une formation en ESS (Économie Sociale et Solidaire) et nous sommes trouvées autour de ces valeurs. Ingrid était en train de finaliser son étude de faisabilité et son mémoire. Ingrid cherchait un(e) associé(e), et moi c’est exactement le type de projet sur lequel je souhaitais m’engager. C’est ainsi qu’a démarrée l’aventure en septembre 2018.

En quoi votre positionnement est-il différent de celui d’une AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne) ou d’autres livraisons de produits locaux ?

La vraie différence c’est la flexibilité : pas besoin d’abonnement, ni de panier fixe. Si l’on veut, on peut commander juste une boîte d’œufs puis revenir 3 mois plus tard. L’idée est de rendre abordable cette consommation et s’adapter aux volontés de chacun.

distribution Au Local

Notre fonctionnement est similaire à celui d’autres systèmes déjà existants de « drive » bio, tels que Charrette bio ou Oclico. A la différence que nous choisissons de nous développer dans certains quartiers et de nous insérer dans leur dynamique au plus près des habitants, pour toucher de nouvelles personnes.

… C’est vrai, on palpe une véritable ambiance lors de vos distributions. Les habitants se saluent, discutent. Pourquoi avoir choisi le quartier de Malherbe-Teisseire à Grenoble ?

Nous connaissons bien ce quartier. Ingrid y a grandi, y vit aujourd’hui, et est impliquée dans la vie associative des habitants. Mais c’est un quartier avec peu d’offre de produits locaux de qualité (marchés de revendeurs). Avec Au Local nous avons délibérément fait le choix de nous installer dans ce quartier où d’autres structures ne seraient pas allées.

distribution quartier Malherbe-Teisseire Au Local

En quoi votre démarche est-elle éco-responsable ?

Nous voulons développer un mode de consommation soutenant l’agriculture durable et locale, s’adaptant aux saisons, protégeant les sols, rémunérant justement les agriculteurs.

…et pour vos déplacements ?

On nous pose souvent cette question pour la tournée en fourgonnette. Elle est rationalisée. Plus nous effectuons de commandes, plus elle devient « éco ».

En termes d’émissions de gaz à effet de serre, difficile de savoir si notre kilo de pomme fait mieux que le kilo de banane venu en porte-conteneurs. Ce qui est sûr, c’est que nous participons à structurer les filières directes pour l’alimentation locale, avec une agriculture durable. A contrario des cultures lointaines en monocultures, très consommatrices de ressources (même quand elles sont bio) et destructrices des sols.

distribution Au Local

Selon vous, quel devrait être l’avenir du commerce de produits alimentaires ?

Les groupements d’achats par les citoyens, les épiceries, les supermarchés coopératifs… et puis des jardins potagers partout partout ! …Mais également des mini-entreprises de citoyens qui montent des structures telle que la La Bonne Pioche. On n’a pas tous le temps et l’envie de s’engager, mais d’autres peuvent le faire pour nous et être payés pour cela.

distribution pain Au Local

Bien sûr, il faut qu’en parallèle les grandes et moyennes surfaces se responsabilisent, et évoluent de façon plus vertueuse. Dans tous les cas, il est important que les citoyens se ressaisissent peu à peu de leurs assiettes. Rien n’est à jeter, les solutions sont complémentaires.

Pour finir, avez-vous des projets à venir ? Comment souhaitez-vous voir évoluer « Au Local » ?

Nous souhaitons tendre vers un modèle qui impliquera les habitants consommateurs, les producteurs et autres parties prenantes, dans une Société Coopérative d’Intérêt Collectif.

Puis développer d’autres points de distribution dans d’autres quartiers, mais toujours en s’ancrant dans la dynamique préexistante de chaque quartier.

distribution Au Local

… Merci de votre témoignage !

Merci à toi Marguerite !

En ce moment Ingrid et Adeline participent au défi Elanceurs de La Poste. Il vous reste quelques jours pour leur donner votre vote (qui comptera beaucoup) pour les soutenir, ça se joue à quelques places !

Cliquez ici pour voter

Pour aller plus loin :

Site web Au Local

Page Facebook Au Local

AlpesSolidaires.com, “Genèse d’une entreprise de l’ESS : Au Local, coopérative de groupement d’achats, mais pas que”, 31 janvier 2019