Le 21 novembre 2018, l’association des ingénieurs citoyens de Grenoble s’associaient à la communauté locale du Low-Tech Lab de Grenoble pour une conférence autour des innovations lowtech, en présence de Corentin De Chatelperron, créateur de l’association nationale Low-Tech Lab. Salle Comble à Eve pour l’évènement. ...Mais au juste, c’est quoi les innovations lowtech ?

Qu’est-ce que les innovations lowtech ?

Commençons par une petite définition : la lowtech est un système simple et accessible en terme de coût et de savoir-faire qui permet de répondre à un besoin de base, comme l’alimentation, l’hygiène, l’accès à l’eau ou à l’énergie.

Pour résumer, une lowtech rassemble trois critères :

  • utilité sociale : répond à un besoin de base ;
  • accessibilité et facilité d’appropriation : ne nécessite pas de compétences techniques pointues ;
  • respect de l’environnement.

qu'est-ce qu'une lowtech ? schéma

Pour faire simple, disons que la lowtech permet de faire mieux avec moins, le tout sans utiliser de procédés complexes. Avec toujours l’idée d’utiliser des matériaux simples, respectueux de l’environnement, ou recyclés.

Qulelques exemples d’innovations lowtech : réchaud économique à bois, désalinisateur solaire, élevage de vers de farine, éolienne à moteur d’imprimante recyclée, élevage de grillons comestibles, auqaponie, biodigesteur domestique, découpeuse de bouteilles en plastique…

éolienne à moteur d'imprimante lowtech © Gold of Bengals

Le Low-Tech Lab : l’intelligence collective au service de l’innovation utile

L’objectif du Low-Tech Lab est de sourcer des lowtech partout dans le monde et d’encourager leur documentation, sous forme de tutoriel via une plateforme collaborative en ligne. Une sorte de « Wikipedia du lowtech » où tous les tutoriels sont mis à libre disposition des internautes.

L’association documente les innovations low-tech qui on fait leurs preuves à l’échelle locale et qui pourraient être répliquées ailleurs et améliorées par les membres de la communauté. Le Low-Tech Lab recense ces innovations en menant des expéditions à travers le globe, mais aussi à l’échelle nationale.

équipe du Lowtech-Lab © Gold of Bengals

À Grenoble, il existe aussi une branche locale du Low-Tech Lab, coordonnée par Kevin Loesle, ingénieur freelance. La branche grenobloise développe des solutions pour répondre à des problématiques locales, telles que les lowtech en appartement, l’agriculture urbaine et des lowtech pour réfugiés.

Corentin De Chatelperron : nomade des mers

Corentin De Chatelperron © Gold of Bengals

Corentin De Chatelperron a fondé le Low-Tech Lab en 2015. Tantôt surnommé bricoleur, Robinson Crusoe ou « clochard des mers », cet ingénieur diplômé de l’ICAM de Nantes a parcouru les eaux du globe entre 2016 et 2018 à la recherche d’innovations lowtech.

Corentin De Chatelperron © Gold of Bengals

Au quotidien, il a expérimenté les innovations lowtech qu’il a recueillies directement sur son catamaran, véritable laboratoire flottant, pour démontrer leur potentiel ou la nécessité de les optimiser. Son aventure s’est terminée en Thaïlande, où Corentin s’est lancé le défi de passer 4 mois en autarcie sur un radeau de 9m² pour tester ces innovations et leurs complémentarités, avec pour seule compagnie quelques poules et un canard. Cette expédition a donné lieu à une série de tutoriels que vous pouvez découvrir sur la plateforme web d’Arte.

fabrication d'éolienne lowtech © Gold of Bengals

Financement des lowtech

Aujourd’hui, l’essentiel des financements de recherche et de développement sont concentrés sur les high-tech sophistiquées et très coûteuses. Les innovations lowtech n’apportent pas de retour sur investissement direct en termes économiques. Pourtant, le potentiel de ces innovations, qui pourraient profiter à des millions de personnes dans le monde, est incroyable. « Je rêve qu’il y ait un jour une « Nasa des lowtech », confie Corentin à la salle.

fabrication de four lowtech © Gold of Bengals
lowtech © Gold of Bengals

Aujourd’hui, le Low-Tech Lab est porté par l’association Gold of Bengal qui a pour mission « la recherche, l’aide au développement et la promotion de solutions répondant à des problématiques d’intérêt général, dans le respect et la valorisation de la nature ainsi que des ressources propres à chaque territoire ». L’association a lancé une campagne de financement et a obtenu plus du triple de son objectif initial pour poursuivre son expédition, cette fois de la Thaïlande jusqu’en Colombie !

Innovations lowtech : une vision positive du progrès

Comme on peut le lire sur la campagne de financement : « À fort potentiel d’impact social et environnemental, l’innovation low-tech invite à repenser notre rapport au développement par le tout high-tech, pour développer des alternatives de consommation, d’usage et de production en phase avec les grands enjeux de notre temps. » 

Comme nous l’explique Corentin : « Pour moi, le progrès, c’est prendre le meilleur de ce qui se fait pour aller dans le sens d’une amélioration ». Les innovations lowtech ne s’opposent donc pas forcément aux high-tech, elles peuvent être complémentaires. Pour Corentin , la meilleure innovation high-tech à ce jour reste le World Wide Web : « C’est grâce à Internet que l’on a pu mutualiser les savoir-faire, et créer une communauté lowtech dynamique enthousiaste. »

Nomade des mers © Gold of Bengals

Les innovations lowtech ont de beaux jours devant elles !