Il s’en est passé du temps depuis mon dernier article ! Prise entre mon travail à l’Université, la vie associative et le sport, cet article aura mis du temps à voir le jour. Mais fini les excuses : voici la fin de mon récit de voyage sibérien qu’il me tenait tant à cœur de finir ! :heart:

Dans le premier épisode de mon voyage en Sibérie, je vous parlais de mon arrivée dans la ville d’Irkoutsk. Dans le deuxième épisode, de mon arrivée sur l’île d’Olkhon au lac Baïkal. Aujourd’hui, je vous raconte mon excursion en bateau sur le lac Baïkal et dans le sud de l’île d’Olkhon.

Excursion en bateau sur le lac Baïkal

Au deuxième jour sur le lac Baikal, nous embarquons dans un petit bateau avec trois Chinoises, une Russo-Libanaise, et son ami américain en visite pour la coupe du monde. À entendre les conversations, ce championnat de football aura au moins eu le mérite de faire tomber quelques préjugés sur les Russes pour les nombreux visiteurs.

Encore fatiguées de la soirée de la veille avec nos rencontres de l’auberge, nous nous éveillons lentement en profitant du paysage. Ciel et mer se fondent. Au loin, j’ai l’impression de voir les bateaux voler dans le ciel. Le temps semble s’être arrêté.

lake baikal

lake baikal

lake baikal ships

Le dernier des jedi sur l’île bouddhiste

Premier arrêt : île d’Ogoy. D’une longueur de 2,9km et d’une largeur de 0,6km, cette île inhabitée est uniquement occupée par un petit mortier bouddhiste, construit au début des années 2000. Le paysage rocheux et recouvert d’herbes a des petits airs d’Irlande et me fait beaucoup penser aux îles du tournage du dernier Star Wars.

Baikal nature

Baikal nature

île Ogoy Baikal

Le guide nous indique qu’il faut faire le tour du monument trois fois dans le sens des aiguilles pour exaucer un vœu, puis descendre nous purifier les mains dans le lac Baikal.

Baikal île Ogoy

Baikal temple bouddhiste

Une fois sur la plage, ma sœur me fait remarquer que l’on n’a pas rencontré un seul moustique depuis notre arrivée, malgré tout ce que nos amis russes nous avaient prédit : « Vous verrez, là-bas ils se promènent avec des moustiquaires. » (un des nombreux fantasmes sur la Sibérie, avec les ours qui se promènent dans les rues). Je lui réponds que c’est parce que mon vœu venait de s’exaucer, pas peu fière de ma blague.

Le point biodiversité : papillons, phoques et volatiles

Deuxième arrêt : la rive opposée du lac Baikal, où nous partons en expédition pour une petite randonnée, jusqu’à une petite source sacrée. Le paysage change : une magnifique forêt de conifères et beaucoup de papillons.

Baikal forest

Baikal papillon

Au retour, épuisée par la chaleur, ma sœur plonge avec courage dans l’eau du lac, à près de 16°.

lac baikal

Nous rentrons en naviguant devant « l’île aux phoques », où les mammifères viendraient souvent se prélasser au soleil. Pourtant, pas l’ombre d’une bouille moustachue. « Il y en avait pourtant 20 hier », nous assure le guide, que nous avons peine à croire.

Les phoques sont devenus bien peureux depuis qu’ils ont été chassés en masse, malgré les interdictions. Nous ne resterons pas sur notre faim en découvrant d’autres îles peuplées d’étranges volatiles particulièrement bruyants.

baikal birds La roche est blanche en raison des défécation d'oiseaux.

baikal island

lac baikal

Avec près de 3600 espèces animales et végétales, la biodiversité sur le lac Baïkal est sans égale. Sur chaque île, une végétation et une faune différente. J’espère au fond de moi que la richesse de cette région, classée au patrimoine mondial de l’Humanité, ne viendra pas être perturbée par l’arrivée des touristes, encore peu nombreux à l’heure actuelle (bien consciente de faire parti du problème).

Malheureusement, le lac Baikal est confronté à une grave crise écologique: l’Omoul (омуль), le poisson typique du lac, ainsi que plusieurs espèces d’éponges sont en voie de disparition. Une femme locale m’avait confié que depuis peu, le lac habituellement inodore commençait à prendre une odeur vaseuse, signe d’une eutrophisation du lac.

De la mer à la terre : excursion dans le sud de l’île d’Olkhon

Le lendemain, nous nous aventurons pour une excursion dans le Sud de l’île d’Olkhon. Je dis bien aventurons, car fautes d’avoir été prévenues, cette « route » en marschrutka (Маршрутка) est un véritable enfer.

marschrutka baikal

marschrutka baikal

Au programme : 7 arrêts sur la côte de l’île d’Olkhon, au bord des impressionnantes falaises, toutes porteuses d’histoires chamanes mystiques.

Notre premier arrêt se fait dans un village de pêcheurs, où la pêche est progressivement remplacée par les boutiques de souvenirs pour touristes. Notre guide-conducteur nous confie amèrement : « Depuis que l’on nous a interdit de pêcher l’Omoul, on s’est tous reconvertis dans la marschrutka pour servir de taxi aux touristes. »

À tous les arrêts, je regarde ma sœur escalader le bord des falaises avec inquiétude (pour ne pas dire avec hystérie), après que notre guide nous ait raconté l’histoire de nombreux touristes décédés dans la quête d’un joli cliché.

île Olkhon baikal

île Olkhon baikal

Nous atteignons le point d’orgue de notre visite. Le cap de Khoboy au bout de l’île, plus grand panorama sur le lac Baikal. Une fois de plus, les mots ne suffisent pas à décrire cette splendeur.

île Olkhon baikal

île Olkhon baikal

île Olkhon baikal

À midi, le conducteur du van nous prépare une soupe au poisson, accompagnée d’une salade. Les Russes me questionnent avec curiosité sur mon régime végétarien, complètement exotique pour eux.

Nous finissons notre épopée (les fesses très douloureuses) dans un village bouriate. Je m’allonge au soleil dans l’herbe, en observant les chevaux et les chiens sauvages. Je suis remplie de joie et l’esprit tranquille, déconnectée de tout dans ce cadre tellement dépaysant.

baikal Olkhon

Olkhon baikal

Pleased to meet you

Mais comment finir ce récit sans parler des formidables rencontres que j’ai faites à l’autre bout du globe ? Des personnes sincères et chaleureuses, dont je me souviendrai pour toujours.

Dès notre première soirée à l’auberge de jeunesse, deux jeunes russes d’Irkoutsk, Kirill et Nikita, nous ont gentiment invitées à partager le chachlik (шашлык), viande de bœuf pour barbecue marinée au vinaigre, au vin et au citron. Nous nous sommes liés d’amitié durant le séjour et partagé des soirées tard sur la plage, face au coucher de soleil rosé et le ciel étoilé.

Baikal sunset

À l’auberge, nous avons aussi côtoyé beaucoup de Sud-Coréens, tous plus sympathiques les uns que les autres. Je n’avais jamais rencontré de Sud-Coréens auparavant, et je ne crains pas de faire de sophisme par association : les Sud-Coréens ont beaucoup d’humour ! Pour finir, nous avons partagé notre dernière soirée avec six jeunes lyonnais venus de Chine en road-trip et refait le monde jusque tard dans la nuit.

À notre retour à Irkoutsk, Kirill nous a invitées à visiter les environs, nous servant de guide et de chauffeur, sans jamais rien demander en retour. Le lendemain, il nous régalait dans le restaurant où il est chef. Quand on lui disait, gênées, qu’il était trop généreux, il nous répondait simplement : « J’ai envie que vous gardiez un bon souvenir de la Sibérie, et vous prouver que les Russes sont des gens biens. » …Rien à ajouter !

Baikal friends

Baikal friends

C’est avec émotion que je termine le récit de mon voyage en Sibérie. Merci d’avoir suivi mon histoire ! до свидания! :heart: